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L'allié

L'allié est le personnage qui accompagne le héros, partage ses risques et l'aide à atteindre son but. Il peut s'agir d'un ami d'enfance, d'un compagnon rencontré en chemin, d'un frère d'armes ou d'un animal. Dans le modèle de Greimas, il occupe la place de l'adjuvant ; chez Propp, celle de l'auxiliaire.

Sa fonction narrative dépasse l'aide pratique. L'allié humanise le héros en lui donnant quelqu'un à qui parler, ce qui permet d'exprimer ses pensées sans monologue. Il apporte des compétences complémentaires et crée des situations de dialogue, de désaccord et d'humour. Il incarne souvent un autre point de vue sur le thème du récit. Enfin, il est un enjeu : le mettre en danger augmente immédiatement la tension.

L'archétype se décline en plusieurs figures. L'ami fidèle soutient sans condition (Samsagace Gamegie, que Tolkien présente comme le véritable héros de l'histoire). L'acolyte ou sidekick est souvent plus faible ou plus comique que le héros (Robin, Milou). Le partenaire est un égal, parfois un rival (le duo des films de buddy cop comme L'Arme fatale). L'allié ambigu change de camp ou cache ses intentions, ce qui le rapproche du changeur de forme de Vogler (Severus Rogue, Lando Calrissian).

Pour l'écrire, donnez à l'allié ses propres objectifs, même modestes, et au moins une scène où il agit sans le héros. Faites-le différer du protagoniste par le caractère, le milieu ou les compétences : c'est la friction qui rend le duo intéressant. Un allié peut aussi avoir un arc, parfois plus visible que celui du héros. Pour l'interpréter, construisez la relation : l'histoire commune, ce que l'allié attend en retour, ce qu'il ne pardonnerait pas. Pensez aussi à ce que l'allié sait et que le héros ignore : un savoir différent est une source naturelle de conflit et d'information.

Le piège principal est l'allié-faire-valoir, qui n'existe que pour poser des questions et admirer le héros. Autre piège : l'allié trop compétent, qui éclipse le protagoniste. Enfin, attention à la mort de l'allié utilisée comme simple ressort émotionnel : elle ne fonctionne que si le personnage a existé pleinement auparavant. Le public doit le regretter pour lui-même, pas seulement pour la douleur qu'il cause au héros.

Exemples : 297 personnages

Voici des alliés et compagnons recensés dans notre base, du sidekick comique au partenaire d'égal à égal.

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